Micro-projets

Vivre et créer la ville :
Arts, politiques, pouvoir et démocratie

Ce micro-projet entre dans le thème 3 du pôle Création
Pratiques créatrice comme pratiques sociales : enjeux, fonctions, catégorisations

Présentation

Il s’agit de réunir des équipes pluridisciplinaires autour d’un programme de recherche commun consacré aux relations dans le cadre urbain entre la création (artistique ou autre) dans l’espace public, les acteurs (« légitimes » ou non) de ces créations, les aspirations (sociales, politiques, existentielles) des populations et  les politiques de la ville (urbanisme, revalorisation de quartiers, etc). L’hypothèse générale est que l’espace urbain contemporain relève d’une écologie sociale dynamique, dans laquelle stratégies individuelles et habitus social, négociation politique et contrôle social, vie administrée  et intranquillité utopique ou dystopique interagissent selon des constellations mobiles et imprévisibles. Cette écologie structure un ensemble ouvert de formes de vie qui ne se bornent pas à s’inscrire dans un espace urbain qui serait une donnée objective mais qui ne cessent de créer et de défaire des espaces subjectivés et à valences affectives (positives ou négatives) très fortes et souvent conflictuelles.

La pragmatique de ces pratiques créatrices parfois prégnantes et parfois diffuses parfois ouvertes et parfois souterraines, certaines top-down ( l’urbanisme, les politiques culturelles de la ville etc) et d’autres bottom-up (le street art, l’activisme utopiste, l’appropriation de l’espace urbain par les associations, etc.), construit des espaces esthétisés au sens le plus littéral du terme, c’est-à-dire investis par une attention sensible à valence positive ou négative. Cette esthétisation réticulaire et à éclipses définit des formes de vie qui coexistent et ne cessent de « se frotter » l’une à l’autre de s’allier de se combattre, de s’engager dans des luttes ou dans  des compromis. Plus que plurielle, la ville contemporaine est  ainsi toujours le lieu du différend (on voudrait être entre soi) et du compromis (il faut bien vivre avec autrui).  L’enjeu démocratique consiste dans la capacité de maintenir cet de équilibre tensif entre différend et compromis.

Les pratiques créatrices au sens restreint du terme sont un terrain d’élection pour étudier et comprendre cette écologie de l’espace urbain contemporain. Ceci est dû au fait  que la fonction esthétisante  est inscrite dans leur génome pour ainsi dire : elles sont du même coup des points de cristallisation (et parfois de fixation) privilégiés de cette dynamique tensive des formes de vie. Mais elles sont aussi plus fondamentalement un des enjeux  des différends entre formes de vie car elles mettent toutes en œuvre l’utopie d’une « bonne vie », c’est-à-dire qu’elles tendent toutes vers quelque « cité radieuse ».  C’est la raison pour laquelle elles nous donnent accès aux dimensions les plus intimes de la ville contemporaine.

Membres de l’équipe
Chercheurs Labex : Jean-Marie Schaeffer, Agnès Levitte, Ancuta Mortu, Momoko Seto, Philippe Roussin, Ioana Vultur (CRAL),Sebastian Veg (Membre associé CRAL, Centre Chine, EHESS), AnneTüscher (ENSA La Villette), Anne Caillet (ACTE), Karen O’Rourke (ACTE), Audrey Norcia (docteur HiCSA)

Chercheurs hors Labex : Nathalie Blanc, Théa Manolo, Emeline Eudes (Ladyss), Anthony Pecqueux (Cresson, Grenoble), Nathan Belval ( Lab’Urba, Université Paris Est), Michèle Jolé (LAVUE, ENSA Paris-Val de Seine), Emeline Bailly (CSTB)