Micro-projets

Vidéo des premiers temps

Résumé

Ce programme de recherche propose d’explorer l’histoire des pratiques et esthétiques de la « vidéo des premiers temps » en France dans les années 1970, en impulsant un travail commun entre institutions patrimoniales, chercheurs/euses et témoins.
Dès lors qu’elles sont devenues « légères », il y a plus de quarante ans, les techniques vidéo ont donné lieu à des appropriations diverses, à des usages sociaux et créatifs, qu’il convient de ne pas dissocier d’emblée (d’un côté la vidéo militante, de l’autre l’art vidéo) tant ils revêtirent les uns et les autres un caractère expérimental. De même que l’étude du « cinéma des premiers temps » a transformé son objet dès lors qu’elle a cessé de le juger à l’aune de ce qui allait suivre, nous voudrions tenter d’appréhender les débuts de la vidéo dans leur diversité et d’une manière compréhensive. Un retour aux sources (œuvres et documents, audiovisuels, écrits, iconographiques…) et la collecte de témoignages d’acteurs et actrices de cette histoire nous permettront de revisiter les chronologies, saisir des trajectoires et mettre en lumière des dispositifs.

Le séminaire « Vidéo des premiers temps », lancé en octobre 2012 dans le cadre du Labex CAP et prolongeant le contrat post-doctoral d’Hélène Fleckinger, a inauguré un vaste chantier de recherche collective que ce programme entend approfondir et développer. Le succès du séminaire, validé par la présence d’un public nombreux et actif, confirme l’intérêt pour ce sujet encore peu défriché par l’histoire et l’esthétique des « ciné-dispositifs », et la nécessité de mettre en place une méthodologie questionnant et intégrant les apports des technologies numériques dans une perspective de recherche, de conservation et de transmission.

Ce programme de recherche entend répondre à la fois à une exigence scientifique et une urgence patrimoniale, qu’atteste l’engagement de plusieurs institutions dans la préservation, la valorisation et l’analyse d’œuvres et d’archives en danger. La Bibliothèque nationale, chargée du dépôt légal des vidéogrammes depuis 1975, s’est en effet distinguée par sa prise de conscience et sa démarche de sauvegarde, aux côtés du département des Nouveaux médias du Centre Georges Pompidou. Les pratiques et esthétiques développées avec les techniques vidéo seront par ailleurs mises en perspective avec d’autres initiatives menées notamment dans le domaine argentique (cinéma 35 mm et substandard, 16 mm et Super 8, diaporama…).

Le protocole de travail collaboratif entre équipe de chercheurs/euses et institutions patrimoniales articulera :

• un état des lieux des collections vidéo et de la documentation disponible sur la thématique retenue : un inventaire des vidéos des premiers temps ainsi que des archives de vidéastes déjà conservées sera réalisé par chaque institution partenaire et permettra une amélioration des catalogues comme une évolution des ressources numériques existantes (« Encyclopédie des Nouveaux médias » du Centre Pompidou, ouverture à de nouvelles plateformes, telles que l’« Encyclopédie vivante et visuelle du Cinéma de patrimoine en France ») ;

• une démarche de prospection visant à collecter des œuvres et des archives de vidéastes, répondant à l’urgence de la sauvegarde de documents anciens et fragiles et à une volonté d’enrichissement des collections patrimoniales ;

• une expérimentation des outils numériques d’annotation appliqués aux films et aux archives audiovisuelles dans un but d’indexation, de documentarisation et d’analyse, et qui sera aussi l’occasion de mettre en place une méthodologie de restauration des films tournés en vidéo ;

• la valorisation conjointe des œuvres/fonds exhumés et des recherches en cours – dans de multiples perspectives : esthétiques, techniques, historiques –, par le biais d’un séminaire, d’un cycle de conférences, de colloques et journées d’études, de publications et de webdocumentaires.

Objectifs

État des lieux des sources
L’état des lieux des sources déjà conservées par les institutions partenaires se trouve au fondement de ce programme. L’inventaire des films (qui pourra s’appuyer en partie sur l’inventaire national des films lancé par le CNC) est une nécessité préalable à une démarche de prospection en direction d’autres lieux de conservation (INA, cinémathèques régionales, centres audiovisuels créés sur des thématiques spécifiques, etc.) et des vidéastes, militant/es ou associations. Mais il s’agira aussi de repérer et compléter les ressources documentaires susceptibles d’éclairer la fabrication et la circulation des œuvres.

Collecte de témoignages filmés
Cette collecte sera prioritairement menée en lien avec le séminaire et les colloques programmés (autour de Lip et des luttes féministes), mais s’étendra aussi aux pratiques qui se sont déployées à l’Université de Vincennes dans les années 1970, avec la collaboration des étudiant/es du Master Réalisation du département Cinéma de l’Université Paris 8.

Projet expérimental d’annotation collaborative de films : « Histoire, mémoire et bobines féministes
Développé par la BnF au sein du programme « CinéCast », en collaboration avec l’Institut de Recherche et d’Innovation, le projet « Histoire, mémoire et bobines féministes » consiste à collecter des témoignages de réalisatrices et militantes sur des films féministes des années 1970 et à explorer les potentialités des outils numériques d’annotation de films « Metadataplayer » et « Lignes de temps ». Les éléments de contextualisation de ces films font en effet cruellement défaut, et les nouveaux dispositifs numériques ouvrent la voie à une (re)documentarisation participative, au croisement d’enjeux historiques et mémoriels.

Partenaires extérieurs au Labex CAP : Labex ARTS-H2H ; Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis – EA ESTCA ; Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle – IRCAV ; Archives françaises du film du CNC ; Institut de Recherche et d’Innovation ; Forum des images ; Travelling Féministe – Centre audiovisuel Simone audiovisuel ; Association Carole Roussopoulos ; Archives du féminisme.

Membres principaux de l’équipe : Alain Carou (BnF), Anne-Marie Duguet (Université Paris 1), Hélène Fleckinger (Université Paris 8), Noémie Jauffret (BnF), Sébastien Layerle (Université Paris 3), Yekhan Pinarligil (Centre Pompidou), Catherine Roudé (Université Paris 1), Christine Van Assche (Centre Pompidou).

Séminaire Vidéo des premiers temps 2012-2013

Séminaire Vidéo des premiers temps 2013-2014