Micro-projets

Outils pour une mémoire

Résumé

Le phénomène de patrimonialisation ne se limite pas à l’identification  et à la protection des biens. Il implique aussi la transformation de leur statut et de leur rôle dans la société. Ces différentes actions nécessitent des outils pour la formation et la diffusion des savoirs. C’est l’étude de ces outils, de leur constitution, de leur utilisation et de leur influence sur le processus de patrimonialisation qui est au cœur de notre projet. Deux thèmes retiennent  notre attention, la collection et la reproduction.

L’histoire des collections est un champ de la recherche déjà riche en travaux, souvent monographiques. Outre que les sujets sont loin d’être épuisés, la réflexion ici engagée se porte plus particulièrement sur les buts poursuivis dans la constitution des collections, les modes de collecte et les instruments de travail produits (inventaires, répertoires, catalogues…). Elle cherche à comprendre comment les collections sont liées à une conception du patrimoine à un moment donné, comment par la diffusion du savoir qu’elles assument, elles consolident cette idée de patrimoine et concourent à sa constitution, mais aussi comment elles influent sur l’extension du champ de ce patrimoine.

Une seconde catégorie d’outils est constituée par les entreprises de reproduction. Nées souvent de l’appropriation de techniques nouvelles depuis le XIXe siècle, elles prennent des formes diverses : moulages, photographies, reproductions imprimées par de nouveaux procédés d’impression…Souvent adoptées dans l’enthousiasme (pour la photographie notamment), elles échappent parfois à leurs utilisateurs en dépassant l’objectif qui leur était assigné ; elles ne se contentent pas de rendre plus facile, plus rapide l’accès à la connaissance, ce qui suffit déjà à en modifier la construction et la diffusion ; elles changent aussi le regard porté sur l’objet et, partant, suscitent de nouvelles questions. L’histoire de leur mise en œuvre, de leur utilisation pour le travail scientifique mais aussi pour la diffusion du savoir, est un thème commun à plusieurs équipes à travers des disciplines différentes (architecture, archéologie, enseignement de l’histoire de l’art…) et des techniques aussi diverses que la photographie ou le moulage. La finalité de ces travaux étant de comprendre comment s’est construit à certaines époques une conception du patrimoine, l’enseignement de l’histoire de l’art est envisagé ici non dans une réflexion didactique, mais en lien avec les instruments de travail utilisés et leur influence sur la formation.

Qu’il s’agisse de collection ou de reproduction, on voit que les questions posées sont très similaires. Elles se retrouvent aussi d’une époque à l’autre et la réflexion sur les outils de la patrimonialisation ne s’arrête pas aux années 1980. De nouvelles collections se constituent toujours, de nouvelles formes de collections apparaissent ; la numérisation des catalogues et des images, les bases de données, les reconstitutions en 3D, etc., sont autant d’outils qui renouvellent des formes plus anciennes. Ils suscitent les mêmes questions que précédemment : quelle influence ont-ils sur notre regard ? quelles directions nouvelles impriment-ils au processus de patrimonialisation ?

Objectifs

Étude de l’influence des nouveaux procédés d’illustration sur les représentations des bâtiments et œuvres d’art : le rôle de la lithographie et de la chromolithographie ; la conversion à la photographie.

Étude de l’utilisation de la reproduction dans les revues d’histoire de l’art.

Étude de la constitution des collections  en histoire de l’art de quelques bibliothèques d’enseignement et de documentation professionnelle, par un dépouillement des registres d’acquisition.

Partenaires extérieurs au Labex CAP : Musée de l’imprimerie de Lyon, Université de Reading

Membres de l’équipe : Philippe Plagnieux (professeur, ENC), Jean-Michel Leniaud (directeur d’études, EPHE), Olivier Canteaut (conservateur, directeur de la recherche, ENC), Isabelle Diu (conservateur en chef, Bibliothèque Jacques Doucet), Corinne Bouquin (conservateur en chef, BNF), Marie Puren (doctorante, ENC), Valérie Tesnière (directrice d’études, EHESS), Hélène Védrine (maitre de conférence, Paris Sorbonne), Valérie Clerc (doctorants ENS).