Micro-projets

Musique & Hacking

Plateforme 3: Processus créatifs, archivage et transmission

Les pratiques musicales ont toujours entretenu un lien étroit avec la technique instrumentale, qui conditionne en partie le son produit. Depuis le tournant du troisième millénaire, le code informatique et les instruments numériques cohabitent avec l’inventivité organologique, donnant à qui s’en donne la peine la possibilité d’augmenter un instrument acoustique à l’aide de capteurs et programmes informatiques, de créer ses propres outils de traitement du signal à partir d’une page de code glanée en ligne, d’imprimer en 3D les pièces d’un instrument à assembler ou de collaborer sur des projets musicaux en régime audionumérique à des milliers de kilomètres de distance par le biais du réseau. Cette reconfiguration des pratiques musicales s’inspire de la notion, initialement informatique, de hacking, une posture pratique et axiologique qui a progressivement infiltré et structuré d’innombrables champs de la création artistique et des loisirs. En effet, les valeurs véhiculées par le hacking prônent à la fois la réappropriation des objets techniques produits en série, la valorisation d’une forme de savoir-faire communautaire en libre d’accès, le plaisir de la sérendipité, du détournement et de la manipulation ; elles sous-tendent finalement une forme de contestation sociale discrète et éparse, en réponse à une culture commerciale et industrielle mondialisée cloisonnante. La finalité du projet « Musique et hacking » consiste à cerner, par la méthode ethnographique entre autres, les pratiques de musiciens et de techniciens (professionnels ou non) s’impliquant dans des activités relevant (explicitement ou implicitement) du hacking musical. Il s’agit aussi de faire émerger une méthodologie d’analyse de ces pratiques dont on gage que l’importance ira croissant lors des prochaines décennies. Les nombreuses répercussions de la relation entre musique et hacking nous amèneront à explorer prioritairement trois thèmes généraux : le hacking organologique, la formation et la fédération de communautés musicales par le hacking et l’influence de l’éthique « hacker »dans les pratiques musicales.

 

Responsable scientifique : Clément CANONNE (CR CNRS, équipe Analyse des Pratiques Musicales, UMR 9912 IRCAM-CNRS-UPMC)

Partenaires Labex CAP (personnes et institutions) :
- Nicolas DONIN (APM – IRCAM)
- Frédéric KECK (MQB)
- Camille PALOQUE-BERGÈS (HT2S – CNAM)

Étudiants et doctorants : Baptiste BACOT (CAMS – EHESS / APM – IRCAM)

Autres partenaires :
Norbert SCHNELL (ISMM – IRCAM)