Micro-projets

Le contemporain – Histoire, théorie, pratiques

Ce micro-projet entre dans le thème 2 du pôle Création
Les temps de l’art : création et réception

Présentation

Il s’agit d’associer un certain nombre de groupes de recherches relevant du Labex CAP autour d’une réflexion commune sur les modalités du « contemporain » dans le champ des arts visuels.  L’importance sociale, économique et culturelle de « l’art contemporain » invite à »réfléchir sur une notion trop souvent employée sans qu’en soient toujours mesurés les enjeux (ainsi dans la relation au « moderne », ou au « nouveau », ou à « l’actuel », ou au « présent »): lors même que ce que son étymologie appelle, le partage d’un temps et, au-delà, d’un monde, constitue aujourd’hui l’un des enjeux politiques majeurs (on gardera à l’esprit la formule d’Ernst Bloch : « Tous ne vivent pas présents dans le même temps présent » « ).

Loin en outre d’être réservé à la production la plus récente, le terme de « contemporain » doit être pensé dans son historicité, notamment dans le cadre d’une réflexion générale sur l’évolution historique (le jeu sans cesse recommencé du conflit entre « anciens » et « modernes »), mais aussi dans le suspens de la temporalité historique, tel que mis en exergue par certains philosophes (Benjamin) ou artistes (P. Klee). Il faut en outre tenir compte des effets d’avance et de retard liés à une circulation des modèles (les jeux entre centre et périphérie, au sein d’une géographie de l’art, désormais à l’échelle mondiale). Il apparaît dès lors important de savoir extraire la notion du devenir collectif pour le penser à l’échelle de l’oeuvre, dans son processus créatif, tant dans la relation de l’artiste à son oeuvre que dans celle-ci associant celle-ci à une production concomitante. Pour ce faire, l’étude des différentes étapes de la création, et notamment le dessin/dessein ainsi que sa forme actuelle, le design, doit être privilégiée. La pratique artistique, loin d’être réduite au seul statut d’objet d’étude, peut être considérée comme un mode d’investigation propre, susceptible d’enrichir l’étude du « contemporain » par la définition, problématique et donc heuristiquement fertile, d’un « extrême contemporain ». Elle oblige enfin à s’interroger sur ce que la notion, en tant que notion, apporte mais aussi manque dans la définition de ce qui peut certes se penser mais aussi se ressentir – ou encore, se faire.

Le mode d’investigation proposé est celui d’une série de quatre débats organisés durant l’année universitaire 2014-2015 autour d’invités, a priori extérieurs au monde des arts visuels, de façon à permettre de définir et les spécificités et les limites de notre champ d’étude, ainsi que de tirer au mieux parti des réflexions menées par les historiens, les théoriciens et les praticiens.