Micro-projets

L’accrochage au musée :
Catégories esthétiques, classifications historiques

Plateforme 4: Expositions, pratiques et expériences

Au cœur du display of art et des interrogations sur la scénographie, l’accrochage au musée devient un enjeu majeur dans l’histoire des arts et l’esthétique, à la croisée des chemins entre voie naturaliste et voie culturaliste. Cette pratique à la fois met en place une rhétorique du voir, et repose sur elle. Elle conditionne l’expérience des œuvres dont dépendent les visiteurs. L’accrochage est certes marqué par le renouvellement que les neurosciences ont opéré dans l’approche de la vision et de l’orientation dans l’espace. Mais il est aussi historique de part en part et son histoire croise et vivifie celle des collections privées et des musées, de leurs architectures comme du marché de l’art. Notre projet est de construire des recherches autour de deux notions clés en esthétique et histoire de l’art : la notion de catégorie et celle de classification, en prenant en compte la dimension pratique et empirique de ces deux notions, à travers l’analyse de l’emploi qu’en fait le musée. Grâce à son interdisciplinarité (esthétique et histoire de l’art) et sa transinstitutionnalité (musée – monde académique), que des collaborations antérieures ont déjà éprouvées, ce projet se nourrira d’enquêtes de terrain au département des peintures et dans les salles du musée du Louvre. Il développera une approche comparatiste parisienne (Musée Picasso) et internationale, par deux missions de recherche à l’étranger (l’une au J. Paul Getty Museum, en bénéficiant des ressources en archives du Getty Research Institute, et l’autre dans les musées de Munich, en lien avec le fonds du Zentralinstitut für Kunstgeschichte).

Nous visons trois objectifs centrés autour de notions capitales que la question de l’accrochage détermine : 1) l’espace comme cadre de la psychophysiologie de la perception en regard des historicités des œuvres et des musées : la notion de parcours ; 2) le récit et ses liens avec une rhétorique du voir ; 3) l’expérience de l’œuvre dans sa singularité et sa contextualisation spatiale et narrative par l’accrochage et ses conséquences sur les protocoles de visite. Le projet se dotera d’un séminaire mensuel musée du Louvre – université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, contribuera à deux publications (traduction des Principes fondamentaux de l’histoire de l’art de Wölfflin et actes du colloque international Formes et normes. Les catégories de l’histoire de l’art dans un monde global). Il se conclura par un colloque international : Le XIXème siècle et les ismes.

Responsable scientifique : Sébastien Allard (musée du Louvre)

Partenaires Labex CAP : Sébastien Allard (musée du Louvre) et Pierre Wat (HiCSA)

Autres partenaires : Danièle Cohn (PhiCo/CEPA, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)