Événements

Patrimoines océaniens en mouvement :
entre scènes touristiques et musées

Séance du Séminaire postdoctoral commun du Labex CAP 2012-2013
La Construction des patrimoines en questions – contexte, acteurs, processus

6 février 2013 de 16h30 à 19h
Lieu : Musée du Quai Branly, salle de cours n°2.

Enregistrement audio

Cette séance croisera deux interventions : celle de Fanny Wonu Veys, Conservatrice en charge des collections Océanie au Musée national d’ethnologie de Leiden (Rijksmuseum Volkenkunde Leiden), et celle d’Aurélie Condevaux, postdoctorante du labex CAP. Seront ainsi confrontées, à partir d’exemples océaniens, les problématiques liées à la représentation, à la médiation mais aussi à la « recréation » des « patrimoines » hors de leurs contextes sociaux de production, dans les musées d’une part et sur les scènes touristiques d’autre part.

Les processus de « patrimonialisation » ont souvent été décrits comme entraînant une « réification » ou une « muséification » des objets et pratiques culturels, y compris lorsque l’enjeu est de sauvegarder et de valoriser des pratiques « vivantes ». Les interventions croisées de cette séance proposent de dépasser ce constat en examinant, à partir de cas d’étude différents, comment des tensions, comme celles entre « histoire » et « contemporanéité », « dynamisme » et « statisme », « (re)création » et « transmission» font perpétuellement surface dans la gestion et la valorisation des « patrimoines ». Nous verrons ainsi quels sont les moyens mis en œuvre pour faire face à ces contradictions mais aussi en quoi l’étude de ces dernières peut nous aider à mieux comprendre les dynamiques sociales en jeu.

Fanny Wonu Veys présentera une communication intitulée « Mana Maori : la représentation multi- dimensionnelle d’une culture » : en octobre 2009, le musée national d’ethnologie des Pays-Bas à Leiden a organisé l’exposition intitulée Mana Maori en collaboration avec plusieurs groupes maoris pour qui l’expression d’une vision dynamique de leur culture était essentielle. Or, les expositions ethnographiques renvoient souvent une image statique des cultures à cause de la présentation d’objets historiques. Comment concilier dans un esprit de partage, de dialogue et de respect mu- tuel cette dichotomie faite de dynamique et contemporanéité d’une part et de statisme et historicité d’autre part permettant au public de faire lors de sa visite de Mana Maori l’expérience de la riche diversité de la culture maorie ?

À travers une présentation intitulée « Le lakalaka tongien : entre « recréations » et patrimonialisation», A. Condevaux s’intéressera à la manière dont la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) tente d’intégrer une vision dynamique du patrimoine et de la culture aux politiques patrimoniales. A partir du cas du lakalaka tongien, forme de discours poétique chanté et dansé qui a été classé sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2008, les questions suivantes seront abordées : Comment les tensions, palpables dans la Convention, entre le désir de transmettre une pratique et celui de maintenir son caractère « dynamique » se traduisent-elles dans la réalité ? De quelle manière les dynamiques contemporaines observées dans la création des lakalaka – elles-mêmes étroitement liées aux transformations de la société tongienne, en particulier à celles de ses structures hiérarchiques – sont-elles prises en compte dans le processus de patrimonialisation ?

 

Contact : aurelie.condevaux-a(at)hotmail.fr