Événements

L’inspiration au prisme des vies de poètes

affiche définitive web

Jeudi 6 novembre 2014

Salle Vasari, Galerie Colbert
2, rue Vivienne, Paris 2e

 - Programme -

À des époques et dans des civilisations différentes, les poètes se disent « inspirés » au moment de la création. Mais que signifie être « inspiré », par exemple, pour un aède de la Grèce Antique, un poète d’Afrique de l’ouest, un troubadour du Moyen-Age ou un barde himalayen ?

Cette journée d’étude a pour principal objectif de réfléchir à la notion d’inspiration et aux processus créateurs, à partir d’une approche ethno-biographique (Clifford 1978 ; Ferrarotti 1980 ; Momigliano 1998 ; Fabre 2010), qui apparait, à de nombreux égards, plus efficace pour cerner les questions cruciales et peu explorées liées à la création poétique, ainsi que les conceptions locales de l’inspiration poétique.

Si les études en littérature et poésie orale privilégient aujourd’hui l’analyse de la performance et de la création d’œuvres (entre autres, Tedlock 1983, Zumthor 1983, Baumgardt et Derive 2008, Baumgardt et Bornand 2009, Calame et al. 2010), rares sont les études qui interrogent les processus créateurs individuels (Casajus 2012, Dragani 2012, Leavitt 1997), les dimensions corporelles et sensorielles de l’inspiration ainsi que ses variations au cours de la vie ou encore l’impact qu’a l’acte créateur sur la construction de l’identité personnelle du poète (Fabre 1999, Dragani 2014).

En partant des données fournies par les récits de vie des créateurs, nous interrogerons les perceptions et les manifestations physiques de l’inspiration, les contextes privilégiés (lieux sacrés, solitude, obscurité, rêves, etc.), les agents non humains  (esprits, ancêtres, animaux totémiques, etc.) ou les vecteurs de propriétés particulières (substances hallucinogènes, alcools, fluides sanguins, salives, etc.).

La comparaison entre d’anciennes biographies (les bioi grecques, vitae latines, vidas médiévales, etc.) et des biographies produites de nos jours par l’interaction entre le chercheur et le poète vivant (Dosse 2011) permet-elle de mettre la notion de « destin de poète » en perspective ? L’analyse des biographies de créateurs peut-elle mettre en lumière d’éventuels invariants dans les dynamiques sociales et psychologiques à l’origine de la création ? Quels sont les apports d’une approche biographique à la connaissance du lien entre procédés poétiques et guérison chamanique, rêves, techniques thérapeutiques, transe ou possession (Belmont 2002, Leavitt 1997, Seppilli 1962) ?