Événements

Le Théâtre n’a pas le temps

Rencontre dans le cadre de TRY ANGLE Final showing

Dimanche 24 novembre
Lieu : Théâtre des Bernardines, 17 bd Garibaldi 13001 Marseille www.theatre-bernardines.org / contact@theatre-bernardines.org / +33 (0)4 91 24 30 40

en coréalisation avec le Labex CAP (Création, arts, Patrimoines) du Pres héSAM (Hautes études, Sorbonne, arts et Métiers).
en partenariat avec la WEB RADiO ZIBELINE.

Programme

11h. Ouverture avec une proposition filmique du projet COMPOST
12h30. Zawadi M’sa ali vous propose sous le chapiteau du théâtre un menu malgache de choix
14h : Début de la Rencontre
18h. Fin de la Rencontre

Ces Rencontres de novembre poursuivent un cycle engagé, il y a quatre ans par les Bernardines, avec obstination, face à toutes les grandes prises de position sur le théâtre et ses dérivés, on en revient toujours à interroger, à partir du terrain concret de l’expérience, un noyau central de cet art : le temps.

C’est sur la question de la théâtralisation proprement dite que vont se pencher les philosophes heinz Wismann, pierre Judet de la Combe et les invités de cette nouvelle édition. Cette fois il s’agira de mettre en question ce moment aigu et « magique » où sous l’effet du « dérapage » d’un geste, d’un mouvement, d’un pas de danse, d’un mot, le temps se condense, se concentre et introduit dans une continuité, de la péripétie, de l’écart, créant pour le coup une ouverture, une trouée où peuvent s’engouffrer de l’inattendu, de l’imprévu, du neuf, de l’histoire. abordée dans le registre du spectacle vivant mais aussi dans celui de la philologie et autres disciplines, la théâtralisation est, au-delà de ces pratiques spécifiques, une dimension univer- selle qui traverse notre vie. se dessaisir, faire un pas de côté, se ressaisir, réorienter, se défaire des formules qui ne marchent plus, c’est remettre du vivant et s’inscrire dans une démarche susceptible de mettre positivement en crise l’inquiétude et le découragement qui signent notre époque. Une dimension politique qu’il nous importe, aujourd’hui, de mettre à jour.

avec les philosophes, philologues Heinz Wismann et Pierre Judet de la Combe

et Rui horta, chorégraphe, directeur de O espaço do tempo à Montemor-o-novo ; Marie-José Malis, metteur en scène, directrice du théâtre de la Commune CDN d’Aubervilliers ; Michel Cerda, metteur en scène ; François-Michel Pesenti, metteur en scène ; Isis Von plato, doctorante à paris I.


Heinz Wismann, Pierre Judet de La Combe et les Bernardines : une histoire de rencontre

Heinz Wismann et Pierre Judet de la Combe font partie de ces philosophes qui envisagent la philosophie comme un outil, un moyen pour visiter d’autres disciplines, d’autres pratiques. le théâtre est l’un de leurs terrains de prédilection. Ils tissent depuis plusieurs années une collaboration, déclinée sous diverses formes, avec l’équipe artistique du théâtre des Bernardines. notre première rencontre de travail remonte à 1994, lors d’un séminaire initié par le Centre national du théâtre. pendant un an, nous avons travaillé ensemble autour de la notion d’innovation. séminaire qui donna lieu au colloque du Festival d’Avignon de Juillet 1995. plus tard nous répondions à leur invitation à participer en tant que praticiens de la scène à un colloque organisé par le Centre de Recherche de philologie du CNRS de Lille. nous leur proposions enfin en 2004 de conduire un échange autour de l’œuvre de Romeo Castellucci, en sa présence, dans le cadre du projet Tragedia Endogonidia présenté au Festival des Informelles.

Ce nouvel espace de réflexion entamé, il y a quatre ans, autour de la notion du temps s’inscrit dans le fil de cette histoire.

Heinz Wismann, né à Berlin, est philosophe et philologue, spécialiste d’herméneutique et d’histoire des traditions savantes. après avoir enseigné la philosophie à la Sorbonne, il a été nommé en 1978 à l’ecole des hautes études en sciences sociales, où il dirige un programme d’enseignement et de recherche sur l’épistémologie des sciences humaines. De 1991 à 2000, il a présidé en outre l’Institut protestant de Recherches Interdisciplinaires de heidelberg (Fest). sous sa direction paraît, depuis 1986 aux editions du Cerf, la collection « passages » (150 volumes à ce jour). Faisant partie des directoires des Instituts franco-allemands de Berlin-Genshagen (BBI) et de ludwigsburg (DFI), il organise des rencontres entre responsables politiques, économiques et scientifiques des deux pays. Membre de l’académie d’agriculture de France, et du Comité d’éthi- que de l’InRa(1) et de l’IFReMeR(2) (COMepRa), il participe aux travaux interdisciplinaires portant sur la biodiversité et la gestion du vivant. Chargé de mission au Ministère de l’éducation natio- nale de 2004 à 2006, il préside l’Observatoire européen des langues. Régulièrement sollicité par de grands acteurs industriels, comme areva, Kodak, l’Oréal, il centre ses interventions dans le domaine économique et social sur des questions d’expertise scientifique et de stratégie trans- culturelle. son dernier livre Penser entre les Langues est paru aux editions albin Michel.

(1) INRA : Institut National de la Recherche Agronomique
(2) IFREMER : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer

Pierre Judet de La Combe est helléniste. après avoir à Lille, dirigé le Centre de Recherche philologique fondé par Jean Bollack et créé l’équipe savoirs et textes, il est aujourd’hui Directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales (paris), où son enseignement porte sur la poésie grecque et sur l’histoire de l’herméneutique littéraire ancienne et moderne. en plus de son activité d’enseignement à Lille III (depuis 1978), il enseigne de 1981 à 1987 la littérature grecque à l’École normale supérieure (Ulm). son travail porte en particulier sur Eschyle et la poésie grecque archaïque (Hésiode, Stésichore et Pindare), mais aussi sur l’histoire de la philologie et l’avenir de l’éducation en Europe. Depuis 2003, il enseigne l’interprétation littéraire à l’Ehess et est membre du Centre de recherches interdisciplinaires sur l’Allemagne. Il a été en 2002 pro- fesseur invité à l’université de São Paulo au Brésil. Il a publié de nombreux ouvrages et participé comme traducteur, à plusieurs productions théâtrales, à commencer par Les Atrides d’Ariane Mouchkine. sa dernière traduction de L’Agamemnon d’Eschyle, éditée chez Bayard, a fait l’objet d’un chantier d’études mené par Alain Fourneau suivi d’une création à Moscou. Mireille Guerre a réalisé deux mises en scène d’Agamemnon aux Bernardines.

COMpOst
(Film & Performance)

Miguel pereira (portugal) chorégraphe / Odile Darbelley (France) comédienne / Michel Cerda (France) comédien, metteur en scène / Thomas Fourneau (France) vidéaste /
avec la participation de Maryse Robion Lamotte, Monique Moulet, louis Moulet, Claude Veysset, Sandra Zappulla , Elsa Bressand, Estelle Maurin et l’association Motissage

Compost cherche à créer “un espace de l’autre” en perturbant les habitudes de chacun. Il y a un an, ils ne se connaissaient pas. Ils sont trois, trois artistes très différents. Ils aiment discuter de ce qu’ils font et faire ce dont ils parlent. lors du laboratoire de Marseille en juin 2012, ils ont mené une première expérience, une sorte de conversation de plein air, dans les jardins de la Gare Franche, autour d’une table sonorisée à cet effet. Ils investissent, en septembre 2013, la terrasse de la brasserie les Danaïdes. là, avec leur table sonorisée, en compagnie de quelques invités et en présence des consommateurs, ils tiennent un vrai débat de fond autour de questions comme : la décroissance, le recyclage, la crise et son bon usage, la société du spectacle, les réseaux, le mode de production de la société de consommation, nos perceptions du monde…

Un espace “spectaculaire” se construit au fur et à mesure, les climats changent, les sons d’une église ou d’une gare se superposent à ceux de la terrasse du café, ces lieux étrangers finissent par se côtoyer. parfois des images surprenantes émergent, l’incongru vient se frotter à la réalité, le hasard de la rue vient perturber et compléter le scénario. l’inattendu interrompt la conversation prévue, l’aléatoire surgit, une autre réalité s’écrit. Cela finit par créer des rencontres. Cela finit par créer une polyphonie. Cela finit par laisser des traces de réel. Un film de ces cinq journées est réalisé.

Production O Rumo do Fumo. Coproduction théâtre des Bernardines, O espaço do tempo, tanzhaus nrw. Remerciements à la brasserie les Danaïdes.