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Cahiers du CAP 7
Politique et performativité
et de la patrimonialisation

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution des Cahiers du CAP n°7 :

Politique et performativité et de la patrimonialisation

http://www.editions-sorbonne.fr/fr/livre/?GCOI=28405100613580

Disponible en ligne : https://books.openedition.org/psorbonne/37962

Qu’y a-t-il de commun entre la traduction du patrimoine littéraire mondial en langue wolof défendue par Boubacar Boris Diop dans le contexte postcolonial sénégalais, les négociations entre différents acteurs associatifs et institutionnels autour des routes de la mémoire de la dictature au Chili, l’hétérochronie sous-jacente à la « biennalisation » de l’espace urbain à Tirana dans l’Albanie post-socialiste, la mise en fiction documentaire de leur propre culture par les autochtones Kakataibo en Amazonie péruvienne, la création collective autour de la danse du Diable dans les Andes urbaines en Bolivie, l’effet de l’intégration des arts sonores dans un musée sur le genre artistique lui-même autant que sur l’institution, et la recréation collaborative des happenings d’Allan Kaprow à partir des scripts ? Aucune de ces contributions ne conçoit les patrimoines culturels comme des corpus établis d’oeuvres du passé achevées qui feraient l’objet d’une conservation illusoirement neutre idéologiquement. Elles éclairent au contraire la patrimonialisation en tant que processus dynamique d’interaction avec la création, celle-ci étant entendue au sens large de production artistique, culturelle et sociale dont les enjeux sont aussi bien esthétiques que politiques et institutionnels. L’accent est mis sur l’impact spatial (local et mondial ; territoires naturels et espaces urbains), temporel (passé et présent) et institutionnel (littérature, musées, urbanisme, configuration du territoire) de collaborations interdisciplinaires qui impliquent souvent des négociations complexes entre les différents acteurs. Ces perspectives diverses contribuent ainsi toutes à mettre au jour ce que masquent souvent les termes de « préservation » ou de « conservation », à savoir la dimension performative de la patrimonialisation.

 

SOMMAIRE :

Première partie : Politiques patrimoniales : performances collectives et ancrages territoriaux

Annelies FRYBERGER, Arts sonores et musées. Retour sur « Sonic process : une nouvelle géographie des sons » (2002-2003)

Célia GALEY, Perspective musicale sur les scripts des happenings d’Allan Krapow. Enjeux esthétiques, politiques et patrimoniaux

Camila VAN DIEST, La fabrique des nouvelles routes de la mémoire au Chili. Spatialités, circulations et frictions dans la région de Valparaiso

Alessandro GALLICCHIO, Tirana, fabrique inépuisable d’expérimentations urbaines. Patrimoine architectural moderne et art contemporain dans l’espace public albanais

Deuxième partie : Construire l’altérité. Une exploration des liens entre esthétique et politique

Magda Helena DZIUBINSKA, Ameridian Fiction. Ou filmer le patrimoine culturel en Amazonie péruvienne

Laura FLETY, Création plastique et performance chorégraphique d’une figure démoniaque (Bolivie)

Kaoutar HARCHI, « Nos langues devraient avoir leur chance ». Modalités de pratique d’un nationalisme linguistique wolof chez Boubacar Boris Diop

 

Mots clés : vidéos amérindiens, musique électronique et Sonic Process, Diablada, Allan Kaprow, happening, installations artistiques publiques Tirana, conversion linguistique, dictature chilienne